Comité de Jumelage Coopération LA BRESSE - MENAKA (Mali)

 
La Commune Rurale de Ménaka est située à l’extrême Nord-Est du Mali et couvre une superficie de 79804 km2 pour une population de 63048 habitants dans 44 localités (recensement 1998 - Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique du Mali) S'étendant en latitude entre 15° et 17° Nord et en longitude de 1°30 à 4° Est, il est limité au Nord par la Région de Kidal, à l’Est et au Sud par la République du Niger et à l’Ouest par le Cercle d’Ansongo

Création de MENAKA

Il ressort des indices retrouvés (vestiges de village, fragments de poteries) que les vallées du Zgaret et de l’Azawagh seraient habitées par un peuple sédentaire. Cependant, les écritures rupestres en Tamasheq sur les collines de Dodia, d’Anderamboukar, Agalam-galam attestent de la présence ancienne de Touareg.

Des nombreuses versions concernant la création de Ménaka, celle qui nous paraît plus plausible est la suivante :
Après les guerres de succession au trône de Tadamakat, au 17ème siècle, le groupe de dissidents qui fut battu et pourchassé dans sa fuite, est arrivé aux abords du Zgaret, au niveau de l’actuel Ménaka. Les fugitifs se consultent alors sur la direction à prendre : un premier groupe opte pour remonter vers le nord, le second choisit de bouger le long du Zgaret, plus au sud, et le troisième groupe s’interroge sur la direction à prendre.
Cette interrogation, "Nakkanèd adagh ak Mi-Nikka", signifie "où allons-nous" en Tawillimidt.
Ce groupe décida de camper là pour s’y établir finalement. La déformation de l’interrogation,
"Mi-Nikka" donne alors naissance au nom actuel " Ménaka ".
Le groupe à l’origine de cette interrogation appartient à la fraction des Kel-Agaïss, aujourd’hui éteinte.

Passé lointain

Ménaka n’est vraiment entré dans l’histoire que lorsqu’il est devenu la "capitale" des Iwillimiden. La famille qui a détenu le ettebel est celle de Karidana, berbère, brigand venu du Maroc.
La confédération des Iwillimidan arriva au sommet de sa gloire avec Alinsar Ag Annaber sous le règne duquel, en direction de Tombouctou (au Mali), et Say (au Niger), des caravanes partaient de Ménaka pour la collecte des dîmes tous les deux ans. C’est la pression des Français à l’ouest qui contribua à propulser les Touareg plus à l’est.

Passé proche

La figure la plus connue dans l’histoire de Ménaka est Fihroun Ag Alinsar, né vers 1860 à Talatayt ; Fihroun se distingua par ses qualités guerrières.
Il prit part au combat de Ménaka, entre les Iwillimiden et les Touareg Kel-Tiguirmit de Tahoua (Niger) et participa à plusieurs batailles. Faisant figure d’idole pour ses guerriers, Fihroun combattit les Kel-Aïr à Tiguirert, Ibassabatan dans le gourma, Kel-Ghirer à Téra, et Kel-Ghiriss à Madaoua.
Fihrun succéda à son oncle paternel Madidou au trône Iwillimiden en 1893 à Azibriz. De 1909 à 1911, des combats l’opposèrent aux Kountas à Kirchawal et Intassit, pour venger les Kel-Ahara décimés par Hamody, chef des Kountas, lors d’un combat à Tinaw-wanine.
En 1913, Fihroun fut arrêté à Tombouctou puis Gao, d’où il s’enfuit pour organiser la bataille de Félingué (Niger), le 06 mai 1916, afin de laver une insulte qui lui est faite en 1913 par Mayaki à Namaïyala (Niger), lors de la délimitation territoriale entre le Niger et le Soudan Français (actuel Mali). Trois jours plus tard, le 09 mai 1916, Fihroun déclenche la révolte d’Andéramboukar, contre les Français. Surpris dans son campement par des Ihaggaran, Fihroun meurt le 25 juin 1916 à Egandaw, après 23 ans de règne.

Période Coloniale

La présence française à Ménaka fut notoire à partir de 1908, après la signature de la convention de Ténékart, le 21 septembre 1908, entre le Commandant Militaire Bétrix et Fihroun Ag Alinsar.
La signature de la convention marqua la création du secteur de Ménaka. Un poste militaire d’avant garde est mis en place sous les ordres du Lieutenant LAIBE. C’est le début de l’administration directe. Chaque fraction a eu son Amanokal, tous les Imanokalen de ces fractions répondent des agissements des membres de leur fraction devant l’Amanokal "suprême", Fihroun Ag Alinsar.
Fihroun est responsable de tous devant le Lieutenant LAIBE, représentant de la France. C’est cette année qu’a été instauré l’impôt en milieu nomade, et c’est pour cette raison qu’on l’appelle l’année des caisses, "awatay wan bayatan" en Tawillimidt.
En 1909 les Iwillimiden attaquèrent les Kountas et plusieurs Iwillimiden furent mis en prison, c’est l’année des prisons, "awatay wan kassotan". En 1914 une grande famine obligea les nomades à descendre vers le fleuve, c’est l’année de la famine, "awatay wan laz".
C’est le 1er septembre 1916, à GAO qui fut signé le traité de soumission des Iwillimiden sous la direction de Akar Akor, qui devient l’Amanokal des Iwillimiden après la mort de Fihroun.
1919 fut l’année de la grippe qui a provoqué une grande mortalité dans la population, c’est cette année que mourut Akar Akor et fut remplacé par Tafounout Ag Fihroun.
En 1920 fut effectué la première traversée de l’Afrique occidentale française en avion de Ménaka à Dakar par VILMAIN et le Lieutenant André CHARLES qui devient plus tard Ministre de l’Air de la République Française
En 1921 : la peste bovine a Décimé presque la totalité des bovins c’est cette même année qu’apparurent les billets de banque dans la région de Ménaka.
En 1925 : ouverture le 1er centre médical de Ménaka. En 1932 Tiljat est nommé Amanokal des oullimiden .
En 1934 : le lieutenant Guezneck a fait remplacer les paillotes par des maisons en banco, c’est à lui que nous devons le lotissement de Ménaka.
En 1936 : tentative du 1er recrutement scolaire en milieu touareg mais il ne se réalisa qu’en 1947 par la création de l’école d’Inaghaber.
De 1940 à 1945 : on assista à un manque total d’étoffe dû à un conflit entre les Anglais et les Français. Beaucoup des personnes durent se vêtir de peau de moutons.
De là peu à peu une bourgade se forme autour du fort militaire ainsi naquit le village. De partout arrivaient des commerçants ambulants (haoussas, sonraïs, arabes).

Création de l'école

L’école sédentaire de Ménaka ouvrit ses portes en 1949, les travaux de construction commencèrent avec une main d’œuvre essentiellement Belah.

Période comtemporaine

A l’avènement de l’indépendance du Mali en 1960, Ménaka fut érigé en cercle avec 4 arrondissements :
- 1er Arrondissement central : 9 fractions et les villages de Ménaka, de Tabankort
- 2e Anderamboukane : 16 fractions et Anderamboukane
- 3e Intalakh : à environ une centaine de kilomètres à l’Est de Ménaka, ancien arrondissement qui donne naissance à Waritifoulout ; puis Waritifoulout donne naissance à Inekar, l’actuel arrondissement avec 12 fractions.
- 4e Intibzaz : ancien poste qui fut remplacé par Tidarmène avec 6 fractions.
Chaque arrondissement a son école et certains services techniques.
La nature et l’abondance des pâturage y attira une mosaïque de tributs nomades d’éleveurs venus de tous les horizons et appartenant à tous les groupes.

(Sources Menaka.info)