Comité de Jumelage Coopération LA BRESSE - MENAKA (Mali)

Un camion pour

MENAKA

Novembre-Décembre 2006

 

-          L’objectif du projet

-          Le véhicule

-          L’équipe d’acheminement

-          Le voyage

-          Le financement

-          Conclusion

L’objectif du projet

A travers son jumelage-coopération, LA BRESSE développe des relations d’échanges et d’amitié depuis 20 ans avec la ville de MENAKA dans le Nord du MALI où demeurent les populations nomades et touaregs.

Les deux collectivités ont créé des Comités de jumelage dont l’action est de rechercher et de mener à bonne fin des projets destinés aux besoins exprimés par les populations.

Après plusieurs rencontres des responsables lors de récents voyages, le besoin d’un gros véhicule de transport, de liaison et de voirie adapté, a émergé des projets exprimés.

                                                                                                       

Durant l’année 2005, la Commune de LA BRESSE a renouvelé son parc de véhicules de déneigement, et a décidé de faire don du véhicule réformé, remis en état, à la ville de MENAKA.

En octobre 2005, la réalisation du projet est confiée au Comité de jumelage de LA BRESSE.

                                                                                                      

 Le Camion.

De marque MAN, 19 tonnes, 280 chevaux, 4X4 permanent, tri-benne, il a été mis en service en 1985. Il a parcouru 200 000 Kms, affecté principalement au déneigement et salage de la voirie communale. Il est usagé mais encore très robuste.

La mécanique, moteur et boite, sont remis en état de marche par la Commune, le Comité ayant  à sa charge la réfection de la carrosserie, cabine et benne détériorées particulièrement par le sel, peinture et aménagement d’une caisse bâchée sur la benne.

Cela va demander plus de 500 heures de bénévoles assistés par des professionnels, en équivalence pour la constitution du dossier, la recherche de financements et la préparation du voyage.

                                                                                                                                

L’équipe d’acheminement.

Deux véhicules forment le convoi, le camion Man et une 4L Renault.

L’équipe d’acheminement est composée de 6 membres du Comité dont 3 conducteurs poids-lourd.

Jean-Claude CERISIER, vice-Président du Comité, responsable du projet, enseignant en tôlerie peinture en retraite.

Jean-Jacques PIERRE, vice-Président du Comité, Agent T.D.F.

David VAXELAIRE, Secrétaire du Comité, Educateur spécialisé.

Roland ROBIN, membre du Comité, fromager, propriétaire de la 4L.

Luc MOUGEL adhèrent, retraité cadre de La Poste, qui nous rejoindra sur le parcours.

François GALLAND, président du Comité, retraité V.R.P.

Par avion, 3 élus de LA BRESSE retrouveront l’équipe à BAMAKO.

Guy VAXELAIRE, Maire de LA BRESSE, Conseiller Général

Geneviève PERRIN, 1ère Adjointe.

Maurice POIROT, 2èm adjoint.

En tout 9 personnes seront présentes à MENAKA pour la réalisation de ce projet.

Le voyage.

Après la réception officielle donnée la veille par les élus, le convoi quitte LA BRESSE le 8 novembre au petit matin avec le beau temps qui ne nous quittera plus.

Peu après, des travaux routiers sépareront le convoi qui se retrouvera 100kms plus loin, les serrures se bloqueront de l’intérieur, pour arriver en Camargue en soirée après avoir parcouru des autoroutes agréables et gratuites.

Une journée pour réviser le matériel et le lendemain c’est l’embarquement à SETE sur le COMARIT à destinationTANGER.

Traversée reposante et agréable pour débarquer au MAROC le samedi 11 novembre en matinée.

Blocage du convoi pour 3 jours, l’administration des douanes étant fermée durant le week-end. Visite de Tanger, de sa Médina où nous résideront, le sommeil ponctué par les appels des muezzins. Ce sera notre réveil matin journalier !

Puis longue journée d’attente ce 13 novembre, parmi des multitudes de semi-remorques, sous l’œil perçant d’adolescents prêts à tromper notre vigilance. Le transitaire accumule les papiers et la note de l’Administration est salée, plus de 3000€ de frais et de caution.

14-15-16-17. Il faut rattraper le temps perdu et dès le lendemain nous parcourons rapidement les autoroutes bordant l’océan, et petites routes pour faire notre premier campement ennuité à Marrakech. Nous longeons le Haut Atlas aux sommets enneigés                                                                             .

Beaucoup de contrôles policiers et de palabres. Encore quelques bons cols pour arriver à AGADIR et terminer à TAN-TAN. Nous retrouvons l’Atlantique, baignades dans les rouleaux pour atteindre la frontière le 18 –11.

Temps pour les formalités relativement rapide. Nous faisons la connaissance de Hugo, vendeur et aventurier, habitué des lieux, qui sera un guide précieux pour nous diriger dans le No Man’s land durant 3 kms, parmi les nombreux sentiers ensablés et rocailleux où sont dissimulés les pilleurs d’épaves.

Chaussée superbe en Mauritanie, repas typiques sous des tentes nomades, thé excellent. Dans notre camion qui fonctionne à merveille, où la chaleur atteint parfois 50°, nous longeons la côte désertique aux dunes couleur d’ocre, à la recherche sans succès du parc naturel du banc d’Arguin, pour atteindre le 19 novembre NOUAKCHOTT la capitale.

                                                                

Nous passons deux jours, logés dans une bonne auberge tenue par des Français, dans cette ville récente en bord de mer, où les ordures et l’extrême pauvreté côtoient les Mercedes et les immeubles neufs.

Quittant définitivement la côte, nous parcourons une région où la végétation devient plus dense, les troupeaux plus nombreux. Beaucoup d’animaux jonchent le bord de chaussée, victimes de la circulation nocturne.

Ambiance et incertitude où nos deux véhicules s’ensablent lors d’une étape, pour aboutir le 23 à NEMA avec la fin du goudron, et prendre le lendemain une piste infernale qui nous conduira à la frontière malienne.

Trous énormes, disparition de la chaussée, dunes, ensablement ; les véhicules et le matériel sont mis à rude épreuve. Nous mettrons 10 heures pour parcourir 200Kms. A ne pas conseiller.

A NERA, poste frontière, nous sommes accueillis sympathiquement par la police et la douane, qui ont reçu les consignes de passages donnés par nos amis touaregs ayant autorité. Nous dégustons notre première bière, autour de nous, les enfants sont souriants en nous demandant « donne-moi un Bic, de l’argent, un cadeau ».

Direction BAMAKO, Luc Mougel vient à notre rencontre, et nos amis de MENAKA nous attendent pour nous accueillir chaleureusement, nous loger confortablement et partager d’excellents repas.

Pour l’Equipe, la phase la plus importante du voyage est réalisée en retrouvant nos jumeaux.

Nous remettons de l’ordre dans le camion et découvrons BAMAKO, ville en pleine expansion parmi l’effervescence de sa population, son couvercle de pollution, et l’éclat bleuté du fleuve Niger.

Accueil des Elus de LA BRESSE venus nous rejoindre.

29 novembre, le camion repart en direction de Gao, pour arriver tard dans la nuit près de SEVARE après avoir raté quelques carrefours. Le lendemain nous retrouvons la délégation au complet à GAO.

Le 1erdécembre, après quelques achats de provisions, dernière étape en direction de MENAKA, que nous atteignons en fin de journée par la piste.

Les bressauds et les deux véhicules sont accueillis en grande fête, comme les Africains savent le faire. Instant émouvant de l’aboutissement de notre aventure.

Quatre jours durant nous procéderons :

-          à la remise du camion et de son contenu aux autorités Mairie et Comité de Jumelage, avec la création d’un Comité de Gestion du camion chargé de son utilisation, de son entretien, de la répartition des recettes et rendant compte trimestriellement.

-          A rencontrer les jeunes, les sportifs, les enseignants, les associations féminines, la CAFO, visiter les écoles, le maraîchage, l’hôpital.

-          A voyager en brousse à la rencontre des populations des fractions nomades pour connaître leur lieu de vie et discerner leurs besoins. Ce sera l’occasion de passer les soirées sur la dune à écouter le chant des femmes touaregs, déguster le mouton et le riz à la sauce, à dormir sous les tentes de cuir au sol recouvert de tapis moelleux.

Le 7 décembre nous quittons nos hôtes en direction de GAO, pour rejoindre BAMAKO par le bus régulier. Une expérience conviviale et très colorée.

Nous résiderons dans la capitale malienne jusqu’au 12 décembre après avoir rencontré la chargée de coopération à l’Ambassade de France et le Directeur de l’unique Maison des jeunes du Mali.

Retour sur PARIS où l’organisation des voyages en charters est plus fatigante que notre périple en camion, accueil à Roissy par le Président de la Bressaude venu spécialement nous chercher, et arrivée à LA BRESSE pour participer à une réception où nous retrouvons avec joie, après plus de cinq semaines d’absence, nos épouses, les élus et les membres de notre Comité.

Le Financement

Les prévisions de dépenses établies sur la plaquette de présentation ont été exactes concernant :

-          Le don du camion et les réparations mécaniques.

-          Les réparations de carrosserie, l’aménagement de la benne, les fournitures.

-          Les frais de transports et le financement de l’équipe d’acheminement.

Les recettes ont été réalisées par :

-          La Ville de LA BRESSE.

-          Le Comité de Jumelage, dont une participation de 6000€ des équipiers.

-          Et la recherche de dons et de sponsorings.

Même si des craintes persistaient encore quelque temps avant le départ, couvrant un éventuel manque de trésorerie par un découvert consenti sans intérêt, qui n’a pas été utilisé.

Les comptes sont en équilibre.

                                                                                     

Conclusion

Mission accomplie :

Grâce aux liens forts entre les populations ménakoises et bressaudes, à l’action des élus et des services de la Mairie, à la détermination du Comité de Jumelage et à l’équipe d’acheminement forte et soudée, à la participation des généreux donateurs, à l’élan de solidarité de nos concitoyens.

Nous souhaitons que ce camion apporte toutes les satisfactions que le projet avait formulées, participant ainsi au rapprochement des peuples, et au développement des populations nomades durement éprouvées par des sécheresses successives.